Réglementation du travail en hauteur

Ce qu’il faut retenir

Le travail en hauteur ne dépend pas seulement d’une hauteur précise. Dès qu’un salarié peut être exposé à une chute, l’employeur doit évaluer le risque et mettre en place des moyens de prévention adaptés. Les garde-corps, protections de lanterneaux, passerelles, escaliers, cheminements sécurisés et accès permanents sont à privilégier parce qu'ils permettent de protéger les intervenants sans action volontaire de leur part. Lorsque la protection collective permanente n’est pas techniquement possible, des équipements de protection individuelle peuvent être utilisés, avec une formation adaptée et des vérifications régulières.

Les principales normes à connaître

Les normes techniques apportent des références pour la conception, l’installation et l’utilisation des équipements de sécurité en hauteur. Elles permettent de vérifier qu’un garde-corps, un accès permanent, un point d’ancrage ou un système antichute répond aux exigences attendues pour protéger les intervenants.
Cette démarche s’inscrit dans les articles L. 4121-1 et L. 4121-2 du Code du travail, qui imposent à l’employeur d’évaluer les risques, de mettre en place des moyens de prévention adaptés et de privilégier la protection collective sur la protection individuelle.

NF EN ISO 14122

Cette norme s’applique aux moyens d’accès permanents et aux machines. Elle encadre notamment les garde-corps, escaliers et plateformes permettant d’accéder en sécurité aux équipements pour les opérations d’exploitation, d’entretien ou de maintenance.

Vérification et entretien

Les équipements de sécurité doivent être maintenus en état de conformité. Toute détérioration susceptible de créer un danger doit être traitée rapidement.

Pour les équipements de protection individuelle contre les chutes concernés par une vérification périodique, un contrôle est réalisé au moins tous les douze mois par une personne compétente. Pour les lignes de vie et les points d’ancrage fixes, il convient également de respecter les préconisations du fabricant, le plan de maintenance et de prévoir un contrôle après un choc, des travaux à proximité ou une modification de l’installation.

Pour les autres équipements, comme les garde-corps, protections de lanterneaux, passerelles ou cheminements sécurisés, nous recommandons une vérification visuelle annuelle afin de s’assurer de leur bon état général, de l’absence de déformation, de corrosion, de fixation desserrée ou de dégradation liée aux conditions climatiques.

FAQ - Questions fréquentes sur le travail en hauteur

Il n’existe pas de hauteur minimale unique. Dès qu’un salarié peut être exposé à un risque de chute, l’employeur doit évaluer ce risque et mettre en place des mesures de prévention adaptées. Le choix de la protection dépend notamment de la configuration des lieux, de la nature des travaux, de la fréquence des interventions et des équipements utilisés.

L’employeur doit évaluer les risques, choisir des moyens de prévention adaptés, informer et former les salariés concernés, puis maintenir les équipements en bon état. Il doit privilégier les solutions qui réduisent le risque à la source et organiser les interventions de façon à préserver la sécurité des personnes amenées à travailler en hauteur.

Oui. Les protections collectives, comme les garde-corps, les passerelles, les escaliers ou les cheminements sécurisés, doivent être privilégiées lorsqu’elles peuvent être mises en œuvre. Elles protègent l’ensemble des intervenants sans nécessiter une action particulière de leur part. Les équipements de protection individuelle, comme le harnais et la longe, sont utilisés lorsque la protection collective n’est pas possible ou ne suffit pas.

Les responsabilités dépendent de l’organisation du site, des contrats et du rôle de chaque intervenant. L’employeur reste responsable de la sécurité de ses salariés. Le propriétaire, l’exploitant du bâtiment, le maître d’ouvrage ou les entreprises intervenantes peuvent également avoir des obligations liées à l’état des équipements fixes, à l’accès à la toiture et à l’organisation des travaux.

Un équipement défectueux ou inadapté peut exposer les intervenants à un risque de chute et entraîner des mesures de mise en conformité. En cas d’accident, les responsabilités des différents acteurs peuvent être recherchées. La prévention repose donc sur une évaluation des risques, un choix d’équipements adaptés, des vérifications régulières et la correction rapide de toute anomalie.

La réglementation fixe les obligations de sécurité applicables aux employeurs et aux lieux de travail. Les normes techniques apportent des références de conception, d’installation et d’utilisation selon le type d’équipement. Parmi les principales références figurent notamment la NF E85-015, la NF EN ISO 14122 et la NF EN 795. La norme pertinente doit être déterminée en fonction de l’équipement, du bâtiment, de la machine et du projet concerné.

La NF E85-015 apporte des prescriptions techniques pour la conception de garde-corps, escaliers, passerelles, plateformes et moyens d’accès permanents dans les installations et bâtiments industriels. Elle peut notamment servir de référence pour sécuriser les circulations en hauteur sur une toiture, une terrasse technique ou une zone de maintenance.

La NF EN ISO 14122 concerne les moyens d’accès permanents aux machines : plateformes, passerelles, escaliers, échelles et garde-corps. Elle est particulièrement pertinente lorsqu’un équipement doit permettre d’atteindre une machine en sécurité pour son utilisation, son entretien ou sa maintenance.

La NF EN 795 concerne les dispositifs d’ancrage utilisés avec un système de protection individuelle contre les chutes de hauteur. Elle constitue une référence technique pour les points d’ancrage et les lignes de vie auxquels un utilisateur peut raccorder son harnais et son système d’arrêt de chute.

La NF E85-015 est principalement utilisée pour les bâtiments et installations industrielles, notamment les toitures et terrasses techniques. La NF EN ISO 14122-3 concerne les garde-corps et moyens d’accès associés aux machines. Le choix de la référence dépend donc de l’élément à sécuriser : un bâtiment, une toiture, une zone technique ou une machine.

Dans tous les cas, le risque de chute doit être pris en compte. Une toiture accessible au public doit être conçue pour des utilisateurs qui ne sont pas nécessairement formés au travail en hauteur. Une toiture réservée à des intervenants techniques nécessite également des protections adaptées, mais le choix de la solution peut tenir compte des conditions d’accès, des interventions prévues et de la formation des utilisateurs.

Un garde-corps autoportant peut être envisagé lorsque la fixation dans la structure ou l’étanchéité de la toiture n’est pas souhaitable ou n’est pas techniquement possible. Sa mise en œuvre doit toutefois être étudiée au cas par cas, en tenant compte de la résistance de la toiture, du lestage, de l’environnement, des préconisations du fabricant et de l’usage prévu.

Une protection individuelle peut être envisagée lorsque la protection collective ne peut pas être mise en œuvre. Le système doit alors être adapté aux risques identifiés, aux points d’ancrage disponibles et au tirant d’air nécessaire. L’employeur doit également prévoir les modalités d’utilisation, l’organisation des secours et éviter qu’un utilisateur travaille seul.

Le point d’ancrage doit être adapté au système antichute utilisé, accessible en sécurité et fixé sur un support suffisamment résistant. Il faut également vérifier la compatibilité entre le point d’ancrage, le harnais, la longe ou l’antichute mobile. En cas de doute, l’installation et son support doivent être évalués par une personne compétente.

Oui. L’utilisation d’un système antichute nécessite une formation adaptée. L’utilisateur doit connaître le port et le réglage du harnais, le raccordement au point d’ancrage ou à la ligne de vie, les risques liés au tirant d’air et à l’effet pendulaire, ainsi que les consignes à suivre en cas d’incident ou de chute.

Oui. Les équipements doivent être maintenus en état de sécurité et toute détérioration susceptible de créer un danger doit être traitée rapidement. Les modalités et la fréquence des vérifications varient selon qu’il s’agit d’un équipement de protection individuelle, d’une ligne de vie, d’un point d’ancrage fixe, d’un garde-corps ou d’un cheminement sécurisé.

Les équipements de protection individuelle contre les chutes concernés par la vérification générale périodique doivent être contrôlés au moins tous les douze mois. Pour les lignes de vie et points d’ancrage fixes, il faut également respecter les préconisations du fabricant, le plan de maintenance et prévoir un contrôle après un choc, des travaux à proximité ou toute modification de l’installation.

Ces équipements doivent être entretenus et vérifiés selon une fréquence adaptée à leur usage et à leur environnement. Une vérification visuelle régulière permet notamment de détecter une déformation, une corrosion, une fixation desserrée ou une dégradation liée aux conditions climatiques. Une vérification complémentaire est nécessaire après des travaux à proximité ou un événement susceptible d’avoir affecté l’installation.

La vérification doit être réalisée par une personne compétente, en interne ou par un prestataire spécialisé. Cette personne doit connaître les équipements concernés, les préconisations du fabricant, les références techniques applicables et être capable d’identifier les défauts susceptibles de compromettre la sécurité.

Les résultats des vérifications doivent être consignés et conservés. Les rapports de vérifications périodiques sont à conserver au minimum cinq ans. Il est également recommandé de conserver l’historique complet des interventions, réparations et contrôles afin d’assurer un bon suivi de l’installation.

Les échelles fixes à crinoline doivent permettre un accès et une évacuation en sécurité. Leur conception doit notamment prendre en compte la hauteur à franchir, les paliers de repos éventuels, les protections contre les chutes, les zones de sortie et l’état du support. La NF E85-016 constitue une référence technique couramment utilisée pour ce type d’équipement.

Un saut de loup est une passerelle équipée de marches et de garde-corps, conçue pour franchir un obstacle comme un acrotère, une gaine technique ou un réseau de ventilation. Sa conception doit permettre un passage stable et sécurisé. Les références techniques applicables dépendent de la fonction de l’équipement, de son implantation et de l’environnement dans lequel il est installé.